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Il y a plus d’un mois, Zéno Bianu était à la Maison de la Poésie, à Paris, parmi d’autres poètes, à l’occasion de la publication par son éditeur, Le Castor astral, d’une anthologie consacrée à la beauté (thème du Printemps des Poètes 2019). Il y a lu un texte à propos d’Yves Klein. Texte « in-fini » publié dans cette version en avril 2018, Bleu fauve.

La forme de ces écrits est variée : souvent centrés dans la page mais aussi parfois éclatés par petits blocs pour faire entendre des musiques différentes. Certains textes filent tout au long de la page, certains sont faits de strophes. Ce qui se joue est toujours lié au jazz, à cette musique syncopée qui propose des solos et des chorus, des moments d’improvisation, des répétitions, des respirations.

Et il y a le bleu, « le bleu du ciel », dont Bachelard dit qu’il est premier, et celui dont rêvait Novalis. Ce bleu-là est celui de Klein, où il a effectué son Saut dans le vide, à la fois homme et ange, dont il a couvert des corps féminins. C’est un bleu qui brûle. C’est le bleu du feu, de la vie.

Ce livre est traversé par une pierre bleue et dorée de Richard Texier, dont l’intensité varie à chaque apparition, rappelant le passage de la comète de Halley (dorée sur fond bleu) dans une toile de Giotto, L’Adoration des mages, peinte en 1301. Le temps va « plus loin que le temps ».