Hier, dans ce blog, je citais deux vers de Miguel Angel Sevilla : « La voix me monte à la bouche baiser / Dans lequel je péris par le fait de dire ». Ils m'ont rappelé un autre texte, de Pierre-Jean Jouve, publié dans son recueil Mélodrame

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Le poète ne dit qu’un mot toute sa vie
Quand il parvient à le desceller des orages
À le sauver des hautes tentations
À l’éprouver plus loin que toutes trahisons. 

Qu’il le dise au milieu d’un millier de naufrages !
Qu’il dise et qu’il périsse par le dire
Pour ce mot seul ce mot de gloire sans écho
De l’amour enfantin le plus chaud des amours.