pature_de_vent

« C’est ainsi que tout a commencé. » Tout. La référence à la Genèse s’impose, bien plus que le clin d’oeil à Céline (« Ça a débuté comme ça », incipit de Voyage au bout de la nuit). La Genèse donc, mais Dieu s’est laissé déborder et le garçon découvre le désir et le plaisir avec une fille, ou sans. Jusqu’à ce qu’une vieille femme vienne le chasser du paradis qui n’en est pas vraiment un. Les choses étant ce qu’elles sont, les nuits pleines de cauchemars, la mort succède à la naissance ou lui est concomitante. Le lapin écorché, le petit frère mort-né, c’est du sang et de la douleur (le petit frère me fait penser à Gottfried Gröll). Le chemin qui sort du cimetière s’enfonce dans les images terribles des terreurs primitives, celles qu’on voit dans les peintures de Jérôme Bosch. Celles qui hantent les peurs nocturnes de l’enfance. Celles du mensonge qui s’insinue dans le banal quotidien d’une feuille de salade et prend toute la place dans la parole de l’adulte qui ne trouve repos que dans dans une peur plus grande encore, le mal contre quoi il faut garder sa rage intacte. Et contre le silence immense du monde, cultiver l’amitié fraternelle et les gestes de tendresse.