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Ce sont des « poèmes pour », « pour jouer avec la lumière » ou « pour traverser l’hiver ». 

Les premiers, 33 poèmes composés dans le noir (pour jouer avec la lumière), sont 33 comme dans un autre recueil, 33 sonnets de Jean Cassou. Ils ont une forme presque fixe : six strophes de sept vers chacune. Je ne saurais ici interpréter ces chiffres mais il faudrait sans doute le faire. La référence liminaire à Jean Cassou est certainement liée à la notion de secret, d’intime, de solitude, « les quatre cavaliers de solitude ». Et puis la mémoire qui « faisait tourbillon », flux permanent, pluie et rivières : « ne pas exiger de la rive / qu’elle retienne le courant ».

Ces deux vers finissent un poème « pour laisser aller ». Il en est un autre, avec ce sous-titre, dans le recueil suivant : 13 poèmes composés le matin (pour traverser l’hiver). Ça tombait bien, le printemps approchait, il était temps pour moi de le lire. 

C’était dans le square, à Paris, où s’élèvent la Tour Saint Jacques et une stèle en hommage à Gérard de Nerval, autre auteur de sonnets dont j’entends un des vers : « La Treizième revient… C’est encor la première ». La mort est dans les mots de ces treize poèmes. Elle a pour nom « absence » et on en compte le temps, les jours, les mois, les années. Et dans ce poème « pour laisser aller », il y a un oiseau « qui n’en finit pas de renaître / et n’en finit pas de mourir » (peut-être un de ces oiseaux « miraculés du désir », qu’on trouve dans le premier recueil), et l’âme qui « flotte au matin » dans le noir  « résiste au désert », « dés-astrée ».

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