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La scène est vide, obscure, marquée par quelques traits que traverse le roi, port de tête altier, geste ferme pour repousser le manteau, un roi sûr de ses choix : l’absence de tout, « pas de larmes, pas de rires, pas même une idée. Une idée, c’est pas rien. » La loi de ce roi, il prétend la tenir de ses ancêtres, mais il en a rejeté une part, cette part qui revient indirectement par la voix du garçon qui se présente, profitant d’une faille provoquée par un cri de la fille du roi. « Un cri, c’est un crime ». C’est d’elle que naît la désobéissance qui ouvre les possibles, qui ouvre les cages, qui permet l’accueil des enfants que le roi avait interdits d’accès. Durant tout le spectacle, le plateau reçoit des couleurs que chasse le roi puis qui s’imposent à lui. Il perd alors sa couronne, son manteau, sa superbe et fuit ailleurs. 

La mise en scène de Betty Heurtebise m’a fait redécouvrir un texte dont j’avais vu, il y a longtemps, une autre mise en scène, celle de Catherine Anne. Je ne me souvenais plus de l’importance du chant des ancêtres qui accompagne la fille du roi dans sa révolte, comme si ma mémoire n’en était restée qu’à la surface des choses. 

J'ai vu ce spectacle au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine (94)

(Photo Pierre Planchenault)