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Il y a, au Mac-Val, dans le cadre de cette exposition, tout un mur de portraits accompagnés de textes, témoignages de personnes immigrées en Suède. Des visages qu’on voit mais qu’on n’aurait peut-être pas remarqués dans la rue, en Suède. Ces portraits rendent-ils en effet visibles les personnes ? Une autre oeuvre, dans l’exposition, nous dit le contraire : Invisible man est son titre. Est-ce qu’on voit cet homme dont l’artiste fait le portrait à grands coups de brosse et dans des tons noirs et gris ? Comment peut-on voir cet homme ? À quelle distance ? La matière utilisée par le peintre, Yan Pei-Ming, épaisse, ne donne à voir ce visage qu’à condition de ne pas s’en approcher trop près : il devient alors non pas invisible mais flottant, imprécis, inconnu, c’est-à-dire celui qu’on ne connaît pas mais qu’on peut cependant connaître, comme le faisait remarquer, ailleurs, et à propos d’autres « invisibles », un poète philosophe, Philippe Tancelin.

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