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La musique, en haut des structures du décor, musique vivante, An Pierlé au piano et au chant, c’est d’abord ça, Sylvia, spectacle mis en scène par Fabrice Murgia. Mais c’est aussi neuf femmes, vêtues comme dans les années 50 en Amérique ou en Angleterre, qui tournent sur le plateau, s’avancent vers les spectateurs qui s’installent, mais sans dépasser la limite pour l’instant. Que cherchent-elles ? Elles semblent prisonnières de l’espace où elles évoluent. Et les caméras sur scène décident que ça commence. Sur l’écran en hauteur sont projetées des images du film en train de se faire, dont les séquences sont annoncées par des claps.

Les spectateurs sont embarqués dans un mécanisme extraordinaire, passant du champ ouvert au gros plan, de la vie sociale et familiale d’une femme à son désir impérieux d’écriture, le quotidien ménage et la cuisine heurtant la pensée, la nécessité de penser par soi-même et de l’écrire, encore et encore. Et puisqu’il faut se marier, cherchons l’homme idéal, un écrivain qui comprenne ce désir d’écrire… La société, hélas, n’accorde pas à Sylvia la place qu’elle devrait lui reconnaître. C’est à son mari, Ted Hughes, que vont les honneurs. 

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Le suicide de Sylvia est montré dès le début sur l’écran. Ce n’est donc pas la fin du spectacle. Au-delà de la personne et des écrits de Sylvia Plath, pour toutes les femmes, An Pierlé au chant, Juliette Van Dormael à la caméra et les neuf autres femmes évoluant sur le plateau, c’est de la situation des femmes qu’il s’agit. De Virginia Woolf, Anne Sexton, Emily Brontë et tant d’autres qui ont usé leur vie pour faire entendre leur voix.

(photos Hubert Amiel)

J'ai vu ce spectacle au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine (94)