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Intra muros, en prison. C’est de théâtre qu’il va s’agir, l’acteur qui intervient le premier, face au public, nous l’annonce. Qu’on ne vienne pas chercher là matière sociologique ; ce n’est pas un texte de Hafed Benotman. Mais ça fonctionne très bien pour les spectateurs que nous sommes. L’intrigue se noue sans même qu’on s’en aperçoive. Pourtant, tout est dit : c’est un jeu. On accepte de jouer un personnage, le voisin, l’autre, celle ou celui qui n’est pas tout à fait moi, celui qui lit quand je ne sais pas ouvrir un livre, celle qui tombe amoureuse quand elle pense à autre chose. C’est un jeu, mais dans lequel il faut se laisser traverser par les émotions, et les émotions, c’est la vie. Et moi, spectateur, je joue aussi le jeu : dans mon siège, je suis prêt à admettre ce qu’on va me raconter pourvu que ça soit bien joué, que ça tienne la distance. C’est un récit, une fiction que l’auteur, Alexis Michalik, a laissé venir à lui après avoir rencontré des détenus ; il lui a suffi d’écouter, de saisir la mesure du temps vécu intra muros, pour y faire entrer par cette mise en scène une improbable histoire d’amour et de liberté trouvée dans l’imagination des mots et du jeu théâtral.

Avec
Jeanne Arenes, Bernard Blancan, Alice De Lencquesaing, Paul Jeanson, Faycal Safi, et le musicien Raphaël Charpentier.
(photo : Alejandro Guerrero) 

J'ai vu ce spectacle à l'Espace culturel Alain Poher d'Ablon-sur-Seine (94).