Après les avoir publiées sur son site internet (suivre le lien dans la colonne de droite), Denis Donikian a publié ses Brèves de plaisanteries dans un ouvrage en juillet 2017. Dans sa préface, il en dit :

« À y regarder de près, c’est l’improbable et la fragilité qui dominent dans ces variations intimes, extimes et parfois infimes du moi. (…) Le sourire importe autant que les armes. Mais l’interrogation est préférée aux certitudes, l’amour adulé plus que la peur. »

Six de ces brèves (précédées du numéro qui les annonce dans le livre) seront notre rendez-vous mensuel.

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361
Interrogé l’arbre à ma fenêtre
S’est contenté d’être là
À toute heure du jour et de la nuit

372
D’abord c’est nous que tu dévoras ogre profond du pays
Citoyens brusquement devenus d’étranges autres
Et maintenant c’est ta propre chair que tu déchires

386
Je glissais sur les eaux vers l’échancrure du paysage
Sous les hautes grâces de pierre sombre
Mon étrave pointant dans un obscur bonheur

396
Un seul con a suffi pour tuer des bonheurs par millions
Aujourd’hui nous disposons du seul monstre
Capable d’éteindre notre terre

404
Tu n’as pas méprisé le plus méprisé
Tu n’as pas écouté le plus puissant
Mais tenu ta voie contre sangs et diarrhées

415
Terre   Tes champs désenchantés
Tes monts dressant d’ultimes nostalgies
Et tes lacs souffrant d’anémie

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