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Voilà bien longtemps que je n’étais pas allé assister aux Jeudis de l’Oulipo. J’y étais la semaine dernière. Présidée par Paul Fournel, la séance réunissait Olivier Salon, Étienne Lécroart, Marcel Bénabou, Hervé Le Tellier et Daniel Levin Becker.

Marcel Bénabou, pour citer deux plagiats par anticipation, l’un décrivant la fécondation, l’autre trouvé chez Flaubert dans la rubrique accouchement (« Mot à éviter; le remplacer par événement. » Dictionnaire des idées reçues), a donc battu deux fois sa coulpe.

C’est que l’année des Jeudis est consacrée aux « mots de la vie », qu’un premier jeudi, en octobre, a abordé la gestation et que ce jeudi de novembre on allait parler des bébés.

Occasion pour Étienne Lécroart de parler de Moi-sonnet, une bande dessinée parlant de certains personnages étant nés le même jour que lui.

Pour Daniel Levin Becker de raconter des scènes de films puis de citer Ian Monk, « Avant de naître ».

Paul Fournel a raconté les affres d’Amina aux prises avec la DTF (distance terre fesses).

Olivier Salon n’a pas pu résister à composer un excellent monovocalisme en « e » : le titre « les bébés » était trop tentant. Il a confié dans son récit un rôle à Marcel Bénabou et un autre à Paul Fournel.

Il a présenté quelques reproductions peut-être extraites de son livre Carambolages, commentant des toiles de Philippe Mouchès, montage de tableaux célèbres dont un personnage est remplacé par un enfant emmaillotté.

Hervé Le Tellier a adapté les incipits d’ouvrages classiques au langage des bébés pour préparer ces derniers à la grande littérature et nous a fait entendre, ainsi adaptés, le début d’oeuvres de Proust, Queneau, Flaubert, Camus et de la Genèse.

Marcel Bénabou a, quant à lui, lu un petit livre, Dormi Pleuré, qui raconte les tout premiers jours de Bébé Queneau.

Et Paul Fournel a conclu avec quelques « Chicago » (suivre le lien Oulipo dans la colonne de droite).