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La fenêtre, pour les Syriens, c’est celle du train « pour contempler leur vie / qui courent avec les trains ». C’est celle des maisons qui « ont vue sur jardin ». C’est « le moment du coucher du soleil / … / qui donne sur la Syrie ». 

Dans ce livre, il y a des maisons, des maisons qui ont changé, « les maisons, les voisins et les rues », parce que « la Syrie a été dévastée ». Les maisons n’ont plus de fenêtres, n’ont plus de portes. 

C’est dans les mots, alors, que Hala Mohammad habite. « Les souvenirs ne sont pas une patrie ». Mais le mot « mère », « cela est mon poème ». Poème quand elle le dit à sa mère, poème quand elle l’entend de son fils.

Elle sait que des mères sont mortes, que des enfants sont morts. « À qui raconter des histoires ? »

Et elle va dans les cimetières déposer des fleurs sur des tombes d’inconnus, espérant qu’en Syrie quelqu’un déposera des fleurs sur la tombe de sa mère.

Elle résiste, Hala Mohammad : « L’exil c’est l’exil / et moi… c’est moi ». 

Quand elle lit ses poèmes avec Bruno Doucey à la Maison de la Poésie, elle change l’ordre dans lequel tout avait été répété précédemment. C’est sans doute parce que rien n’est jamais installé définitivement et que « je suis de ceux qui ne savent pas s’arrêter ».

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