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Le danbé, en malinké, c’est la dignité. « Le danbé ne nous demande ni obéissance ni même volonté. Il doit nous imprégner, nous modeler assez profondément pour s'imposer à nous. Il n'y a pas d'âge pour se conduire dignement, ni de circonstances qui vaillent ».

Aya Cissoko et Marie Desplechin ont écrit l’histoire de la première, championne du monde de Boxe française et anglaise. La compagnie (Mic)zzaj en a fait un spectacle très particulier. Certes, la vie d’Aya Cissoko est marquée d’évènements dramatiques et douloureux. Mais c’est une écriture sobre, une scénographie englobant les spectateurs auditeurs, une écoute au casque qui laisse libre le regard (on peut même fermer les yeux) qui donnent la force à ce récit : voix et musiques sont à la fois extérieures et intérieures, elles sont perçues directement ; le jeu - aussi bien celui de la comédienne que celui des musiciens - ne perturbe en rien la réception des paroles, dont on a l’impression qu’elles s’adressent à chacun.e. Ce dispositif est parfaitement accordé au danbé, cette dignité vécue par Aya : pas de misérabilisme, pas d’excès dans la peine, pas d’orgueil, mais mesure, fidélité, sincérité, engagement. 

Texte de Aya Cissoko et Marie Desplechin - Calmann-Lévy, 2011. Adaptation de Olivia Kryger. Création musicale et sonore de Pierre Badaroux et Laurent Sellier.
Avec : Olivia Kryger : voix parlée - Pierre Badaroux : contrebasse, basse électrique, ukulélé, kalimba, lutherie électronique, objets sonores, voix parlée - Vivien Trelcat : guitare, percussions, futujara, live electronic, sons enregistrés, objets sonores, voix parlée.
J'ai assisté à ce spectacle dans le cadre du Focus Effervescence 2018 au !POC! d'Alfortville (94)