abd-al-malik-l-islam-est-meconnu-par-les-musulmans-eux-memes-et-par-les-autres,M199396

Ce n’est pas Camus qui est au centre de ce spectacle, c’est Abd-Al-Malik, du quartier du Neuhof à Strasbourg. C’est lui qui se raconte, se raccrochant à quelques oeuvres de Camus, certes, mais comme s’il y cherchait un prétexte. Mais je ne devais pas attendre de ce spectacle une analyse de textes. Le rappeur fait un concert de rap. Certainement, la construction de ce concert en trois parties, dont chacune est introduite par un texte de Camus en voix off, en fait un spectacle particulier, littéraire. Mais Camus, qu’il dit avoir lu à 12 ans, les titres cités (Noces, La chute, L’envers et l’endroit, Carnets) et les extraits diffusés, par moments me semblent ne lui servir que de miroir. Et pourquoi pas ? C’est peut-être ainsi qu’il devient ce qu’il est, parce qu’il fait de Camus une sorte de frère, parce qu’il semble l’entendre et nous le fait entendre. « Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre », dit-il, crie-t-il, dans le micro, hors micro, en fond de scène, en avant-scène. Cette avant-scène où il finit seul, lisant une lettre à Albert Camus, le rejoignant devant le rideau où, depuis le début du spectacle, se sont posés les textes de La peste ou d’autres oeuvres. A-t-il trouvé sa voix ?

(photo Benoît Peverelli - Télérama)

J'ai vu ce spectacle au !POC! d'Alfortville (94)