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Derrière nous, il y a le labyrinthe où dorment, prêts sans doute à s’éveiller, les étranges personnages de Lika Guillemot. Devant nous, un chemin droit qui passe près du lavoir et monte dans le lointain. Tout là-haut, cinq personnes vêtues de noir apparaissent et commencent à descendre comme si elles dessinaient la largeur de ce ruban de terre entre les espaces herbeux et les champs. Elles écrivent le temps par leurs mouvements répétés, quelques pas, des genoux qui plient, alignements, diagonales. Leur temps est cet espace. Puis elles étirent la ligne qu’elles forment et une voix monte, a cappella. Une danseuse au premier plan enchaîne alors des mouvements, d’abord seule, les autres restant immobiles, puis ces mouvements se diffusent vers l’une ou l’autre, vers les autres, dessinant à nouveau l’espace. Les cinq danseuses se réunissent, se frôlant, se touchant, se soutenant, se relevant jusqu’à s’aligner face au public, et fermer les yeux. La chanteuse, d’abord quelques pas derrière elles, les rejoint et le chant les prend toutes, nous donnant une présence plus forte, non violente, partageant cette présence avant de s’éloigner à nouveau, élevant nos regards vers la cime des arbres où s’est logée la voix, où s’est posé le chant.

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C’est aux Jeunes Pousses, il y a six ans, que j’avais découvert la Débordante compagnie, redéfinissant alors l’espace commun. Cette année, cette compagnie m’a donné l’occasion d’appréhender différemment cet espace, celui qui s’ouvre devant nous, celui où arrive ce qui est à venir.

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