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Puisque c’est la matière que l’on voit, il faut reconnaître qu’elle nous trompe. Le marbre n’est pas du marbre, le bois n’est pas du bois, la tige métallique est un corps, le rectangle de couleur change de couleur… Mais, affirme le titre, « rien ne se perd ». La formule complète dit « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». C’est cette transformation qui est à l’oeuvre. Et le visiteur peut à son tour prolonger la transformation. 

Le Lacrymatoire de Bettie Nin me fait penser aux Humeurs de Juliana Góngora mais n’évoque plus le mort, seulement les larmes et le sel, c’est-à-dire la vie et, comme son projet est de récolter autant de larmes qu’il y a de langues dans le monde, cette oeuvre est encore inachevée. L’autoportrait de Dimitri Mallet se dresse froid et énigmatique. Les Cyclopes de Sandra Aubry et Sébastien Bourg ont l’oeil tourné vers l’intérieur de la pierre creuse, à moins que l’inconnu nous observe depuis ce lieu secret. Et leurs sculptures (tête ou pied) signalent les manques (haut du crâne ou corps), comme s’ils travaillaient une archéologie imaginaire. Accrochées en hauteur, les toiles de Benoit Barbagli révèlent les Formes de la montagne, non seulement celles de la terre ou de la pierre où l’encre est tombée mais aussi l’air même qu’elle a traversé et qui l’a dispersée (c'est à Erri de Luca que je pense alors). On ne saura pas quelle main ou quelle force aura lissé les pièces assemblées de Célia Nkala, posées au centre de la galerie, attirant à elles les énergies qui les environnent et semblent en repartir dans les angles, en assurant ainsi la circulation.

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L'exposition s'est terminée le 17 mars 2018.