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Camille, sa femme, mère de leurs deux enfants, a été accidentée sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver, à 3 heures du matin. Et Thomas, dont le métier consiste à créer des outils informatiques pour « tracer » (comme on dit aujourd’hui) les produits et, surtout, les gens, cherche à comprendre. Il va, petit à petit, remettre en cause la vie qu’il mène. Non pas devenir meilleur mais entendre ce qu’il n’a pas écouté jusque là. Et, à son corps défendant au début, découvrir des valeurs qu’il n’imaginait pas. Il traverse des paysages, en voiture vers Rouen, à pied dans la montagne, en taxi-brousse en Afrique. Ne lâche pas son téléphone. 

C’est une écriture dense, qui m’a happé dans la première partie, maintenu sur mes gardes dans la deuxième, failli me perdre dans la troisième mais retrouvé finalement. C’est peut-être dû aux paysages justement, ou aux références bibliques (le titre lui-même, puis l’apocalypse puis le déluge…). C’est, en tout cas, un récit puissant, qui garde ses secrets, qui sait ne pas tout dire. Thomas n’est ni sympathique, ni antipathique. Son métier en fait une sorte d’archétype de la réussite contemporaine. C’est ce qui lui arrive qui compte et il en faut beaucoup pour le faire bouger dans ses convictions. Plusieurs morts, une fratrie éclatée qu’il devra, lui, le dernier venu, reconstruire.