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Une violence extrême. Elle vient. Elle est passée dès l’ouverture du livre de Maryline Desbiolles, toujours dans son travail autour de Nice. Cette fois sur le Barrage de Malpasset, près de Fréjus. Les ouvriers ont été recrutés tout autour et, parmi eux, François, dont l’ami, René, voit dans le projet l’avenir de toute la région. François va nous emmener dans son histoire, son travail, son goût pour la photographie. Lui dont le père a disparu. Lui qui aura vingt ans en 1955, l’âge d’aller en Algérie avec d’autres conscrits. Qui découvrira comme on crie parfois quand on sait que rien ne peut nous sauver. Qui n’oubliera jamais comme il a aimé et comme il a été aimé par Louise Cassagne, fille d’un producteur de pêches. Louise qui est partie à Marseille pour faire des études. La violence vient, elle fait un bruit épouvantable, et recouvre tout de boue et d’une odeur insupportable. Il a de quoi pleurer, François, « lui qui n’avait jamais pleuré ni sur lui-même, ni sur rien ». Quatre cent vingt trois morts. Et une phrase, répétée en latin comme un mantra dans la nuit : « J’avais déjà perdu ce que je tenais ».

Maryline Desbiolles parle ailleurs d'un autre chantier : Dans la route.

Il y a, dans un roman de Maylis de Kerangal, un autre chantier : Naissance d'un pont. Si vous l'avez lu, lisez donc celui-ci. Là où Maylis de Kerangal invente un pont, Maryline Desbiolles rappelle que les barrages peuvent être très meurtriers.