fessesgruson

Le premier des trois textes que Bernadette Gruson a réunis dans ce recueil a pour titre Fesses. C’est exactement comme le début du spectacle qu’elle a créé : elle s’y montre accueillant les spectateurs nue, de dos, avant de s’enrouler dans le rideau rouge du théâtre. Le nu est un thème artistique qui se décline en peinture, sculpture, photographie, danse, théâtre… Mais elle a raison, Bernadette, quand elle interpelle son public : « Je me suis dit qu’il fallait que mes fesses soient là, dès votre entrée / Comme ça c’est fait ». « C’est fait », ça sonne comme « c’est fesses ». Elle va nous entraîner dans ce jeu avec les mots, un jeu qui nous fera visiter les océans et admirer les voiles gonflées de bateaux, qui nous permettra de voir la mappemonde ronde, la terre éclairée par la lune, et le monde qui, au début, était informe et vide. Avec la lumière, le monde a pris formes. La lumière n’a pas été une nappe, elle est d’abord sortie de quelque part, d’un trou sans doute. Et puis, séparer la nuit du jour, séparer les eaux de la terre, n’est-ce pas tracer entre les deux une fente ? Au commencement du spectacle, comme au commencement du monde, il y aurait donc une fissure, il y aurait des fesses, la « pensée de derrière ». Celle que les peintres et les sculpteurs, les artistes cherchent, faisant naître Vénus de la mer, ou tournant autour d’elle dévêtue. Celle que les conservateurs du Louvre-Lens ont « posée en raie majeure » :  les fesses y sont « tournées vers le futur ».

Dans les prochains jours, j'ajouterai quelques lignes à propos des autres textes publiés dans le recueil de Bernadette Gruson : AbaTToir et La Femme de l’Ogre.

À propos des fesses, vous trouverez d’autres articles dans ce blog :

Vénus de MiloVénus callipygeVénus de LespugueVénus hottentote, Brève histoire des fesses, de Jean-Luc Hennig, et (Im)permanences de la Compagnie Zaoum, dirigée par Bernadette Gruson.