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Des voix, d’abord, enregistrées, celles par lesquelles l’histoire d’Alice s’ancre dans le théâtre. Alice, qui aurait pu se perdre dans les difficultés qu’elle a traversées dès le plus jeune âge. Pauline Moingeon Vallès nous la révèle, enfant, ado, jeune femme, mère, et se transforme elle-même, assise d’abord puis debout comme celles et ceux à qui on impose d’abord leur attitude et qui, à force de résister intérieurement, sont capables de s’assumer et de construire leur propre existence. Libérant, au bout de quelques minutes, ses cheveux, s’affirmant par les gestes de ses mains ouvertes. Son regard exprime la volonté d’Alice, sa parole dite avec une formidable énergie revendique une liberté conquise. Sans la voix enregistrée qui revient parfois confirmant le récit qui nous est donné, le texte pourrait être celui d’un conte : il en a tous les ingrédients. Mais c’est plus que cela, c’est un hommage à une femme qui s’est battue pour retrouver un enfant dont elle a été séparée quand il avait un an. C’est une déclaration d’amour pour cette Alice, personnage en qui Pauline se réalise.

J'ai vu cette pièce  au Théâtre de la Croisée des Chemins, à Paris, dans le cadre du cycle "Récits de femmes". L'affranchie y est à l'affiche les jeudis et vendredis à 19h30 jusqu'au 29 décembre 2017.