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Quand Marina Skalova commence à lire Atemnot (Éditions Cheyne), les oreilles cherchent à reconnaître le français d’une part et l’allemand d’autre part , les deux langues dans lesquelles ce recueil est écrit. Mais la lecture de Marina est faite de telle sorte que cette dissociation est vaine : les deux langues n’en sont qu’une pour elle, prononcées de la même façon, dans une diction qui ne les différencie pas. Pour elle qui est née en Russie et qui vit en France et en Allemagne depuis l’âge de 3 ans (actuellement en Suisse), la question du choix de la langue ne se pose pas, comme ne se pose pas celle des frontières. Pourtant, elle n’ignore pas que le monde dans lequel nous vivons s’est inventé des frontières pour tenter d’endiguer les flux migratoires.

C’est de cela qu’il s’agit dans la lecture du second texte dont elle nous a fait la primeure ce soir-là : Exploration des flux. Ses mots coulent comme les humeurs vont dans les corps, comme les fleuves vont vers les mers, comme les populations se déplacent, comme le sang coule, comme les aliments traversent les tubes digestifs, comme les nuages, comme les mots d’une langue à l’autre… Et les fluides remplissent l’espace où nous sommes, tantôt nous font sourire, ou rire, tantôt font tourner le moulin de nos pensées, sans fin. Nous sommes impatients de trouver ce texte, bien qu’il semble écrit pour être dit, dans un livre dont Marina nous annonce la publication prochaine.