« Ce volume rassemble un demi-siècle de réflexions dans une forme particulière de prose que j’appelle remarques. », écrit Jacques Roubaud. Il ajoute qu’il se compose de 15 sections de 317 remarques chacune. 317 étant un nombre premier, comme l’est aussi 2017, ce sera notre rendez-vous mensuel : vous trouverez, chaque mois, quelques-unes des remarques de Jacques Roubaud dans ce blog, précédées du numéro qu’elles ont dans le livre.

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2612. Il est bon parfois d’avoir affaire à de la pensée ébouriffée.

2624. La poésie est l’extrême-contemporain parce qu’elle pose le plus extrêmement aujourd’hui la question de la survie.

2680. Queneau cherchait plutôt la contrainte invisible. Il avait la pudeur de la contrainte.
2714. Du point de vue de l’histoire littéraire oulipienne, toute la littérature entre dans le champ de la potentialité. 

2762. L’instant est une définition du temps.

2767. La première lecture d’un poème est une avant-lecture : anticipation de sa forme encore vide.
2768. Pour pré-lire un roman, il faut en savoir quelque chose : quatrième de couverture, résumé, ce que quelqu’un nous en a dit, rumeur, titre… Mis en présence d’un poème, en tenant compte de ses dimensions et de sa présentation spatiale, on possède déjà beaucoup de lui.

2799. « Je me souviens » est déjà, en de larges parts, incompréhensible à un moins de trente ans. Il sera, plus tard, appréhendable par une notation. Mais le « parfum » inimitable de ce texte restera-t-il ? (…) 

2803. Le monde, tel que nous le pensons, n’est que « ce qui a été le cas ». 

2816. Il n’est à la portée de personne de penser réellement la totalité de sa langue.