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Une voix sort de nulle part, dans le sous-sol d’un bâtiment un peu à l’écart, sous les bureaux, près d’une cuisine dont le carrelage blanc est couvert de dessins. Une voix sort de la grisaille qui recouvre tout : la guitare, la contrebasse, les sièges des spectateurs. Une voix que rien ne parvient à étouffer, qui résiste. À qui ? C’est peu à peu que nous comprendrons ce qui se joue dans ce sous-sol : un homme, qui dit croire en l’homme, en l’humanité, a été mis à l’épreuve. Comme Job. Mais sans Dieu, sans un Dieu qui le mettrait à la torture. Il n’y a pas besoin de Dieu pour cela. L’homme en est bien capable. Mais il y a toujours ici et là, dans les pires moments et jusqu'à la mort, des hommes qui continuent d’ouvrir leur porte et d’accueillir les autres. Il y a toujours des hommes qui croient, qui espèrent. Pas en Dieu. Mais dans l’hospitalité des mots. Même sous la cendre.

Paroles de cendre : Texte écrit par Matéi Visniec et Mustapha Aouar
Mise en scène : Mustapha Aouar
Compagnie : Delagare & Cie
Interprété par : Mr Delagare (voix), Eric Recordier (contrebasse), Aurélien Rozo (guitare, accordéon)
Son : Guillaume Raineri

J’ai vu ce spectacle dans le cadre du Festival « Nous n’irons pas à Avignon » à Vitry-sur-Seine (94)