Cie Adhoc - Immortels, L'envol

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Un petit garçon : Ils arrivent ! Ils arrivent ! Les voilà !

Un homme : Les voilà qui ?

Le petit garçon : Les oiseaux !

Un autre homme : Enfin, les oiseaux ! Nous sommes sauvés !

Des voix : Les oiseaux ! Les oiseaux !

L’oiseau : Parfaitement, les amis, nous voilà, les oiseaux !

(Le roi et l’oiseau - extrait) 

Oui, les voilà, sortis du nid et tous ensemble, les bras loin du corps, prêts à s’envoler. Ils nous regardent. S’y reconnaissent-ils ? En nous, société dans laquelle ils tentent d’entrer, mais qui leur demande l’expérience, une expérience qu’elle leur refuse. Hannah Arendt écrivait : « C’est avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun. » Comment feront-ils pour nous sauver, ces oiseaux ? Peut-être voudront-ils d’abord se sauver eux-mêmes ? Dans le film de Paul Grimault (texte de Jacques Prévert), c’est par la libération des animaux prisonniers (libérés par un oiseau) que le salut s’annonce quand ils montent vers la ville. Ceux-ci, les Immortels, je ne les ai pas vus dans Le nid (annulé la veille pour cause d’orage). Je les découvre découvrant la ville, la rue, la place. Assis en terrasse, portable à l’oreille, et soudain renversant les tables courant, venant prendre par l’épaule celui-ci et celle-là. Je les retrouve alignés face au mur où, se retournant, nous faisant face, ils essaient de voir plus loin, dans dix ans, de se voir dans le monde, de se voir en mieux, d’essayer. Et de prendre leur envol pour « renouveler un monde commun ».

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