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Trois livres, aujourd’hui, de Jean-Pierre Vielfaure. Pas des catalogues d’exposition, des livres offrant place égale aux textes et aux dessins ou aux peintures. Trois livres à cheval sur deux siècles : 16 Mirages… édité en 1999, Le testament vénitien publié en 2007 et Nemo, Capitaine, en 2008. Les textes du premier sont signés de Jean-Pierre Vielfaure, ceux du second sont de plusieurs auteurs, dont Jean-Pierre, Philippe Piguet, Michel Besnier et Christian Noorbergen, ceux du troisième sont signés de Michel Besnier. Car Jean-Pierre a toujours ouvert son dessin aux textes des autres. Si le travail de l’artiste est un travail solitaire, lui savait accueillir des citations (je l’écrivais hier) mais aussi des écritures amies. Dans ces trois livres aux pages ainsi partagées, Jean-Pierre nous emmène dans les eaux vivifiantes quoique parfois mortelles. Est-ce parce qu’il ne savait pas nager, à ce qu’il dit, ou plus simplement parce que cet élément naturel l’attirait au point d’aller voir l’océan naître en Bretagne, la mer creuser l’histoire à Venise, et sombrer le Titanic ou la Méduse sous les yeux du capitaine Achab ? Ou parce que l’eau est le lieu de l’origine, ce lieu que l’artiste cherchera toute sa vie, dans les livres, dans les cailloux, les branches, les planètes, avançant dans une archéologie dont l’objet n’est pas de donner des traces de la mort des choses mais de témoigner de la puissance de la création et de la vie. C’est ici, pour la première fois, que j'ai pris conscience de ce travail. Et que, pour le troisième livre, soit indiqué « Jean-Pierre Vielfaure… commentaires graphiques », montre à quel point l’écriture lui est indispensable, l’écriture sous toutes ses formes, pour aller au plus profond des paysages, paysages recouverts d’eau, secrets enfouis défrichés, code sans cesse et minutieusement déchiffré.

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(à suivre dimanche)