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Raoul Peck met en images les mots de James Baldwin. Une lycéenne noire va à l’école sous les insultes des autres lycéens, blancs. Trois assassinats vont se succéder, ceux de Medgar Evers, Martin Luther King Jr. et Malcolm X. Et Baldwin remonte à son enfance, une enfance américaine. Avant l’âge de 9 ans, l’enfant qu’il était avait des héros, les cow-boys qui tuaient les Indiens. Et c’est en sortant de l’enfance qu’il prend conscience qu’on le considère non comme un cow-boy mais comme un Indien. C’est comme s’il ne s’était jamais vu dans un miroir et que, soudain, il s’y voyait, il voyait la place qui lui était assignée. Ce film, qui présente des extraits d’interviews de l’auteur de « La prochaine fois, le feu », des images d’archives et des images de notre actualité, montre le parcours d’un homme, d’une génération, l’histoire des Noirs américains, l’histoire de l’Amérique, puisque l’histoire de l’Amérique est l’histoire des Noirs, puisque « le monde n’est pas blanc », il suffit de regarder. Il n’y a pas de haine dans le propos de James Baldwin. C’est plutôt comme si, à son tour, il tendait à ce journaliste qui l’interviewe au début du film un miroir : Le nègre est une invention des Blancs, qui est le nègre ? « Je ne suis pas noir, dit encore Baldwin, je suis un humain. »