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Dans le quartier de la Grange aux Belles, quatre danseurs, deux femmes, deux hommes, nous mènent par les ruelles et par les questions qu’il-elle-s se posent : avoir un enfant. Ce désir-là, si intime et qui expose, qui nous fait sortir de nous-mêmes, qui nous projette, comment le traduire en gestes, en pas, en mots ? Il te tend la main pour que tu l’aides à descendre du talus, elle te tend la main pour que tu la retiennes quand elle penche, elle te regarde dans les yeux et te demande si on y va, à la catastrophe, ou si on y résiste, si on lui oppose des enfants, du nouveau, de l’avenir. Ils font de nous une société, ils fondent avec nous un corps vivant. Je te donne la main, et tu donnes ta main. Y aura-t-il dans ton ventre un enfant ? Y aura-t-il dans tes yeux ce regard adressé et qui invite ? Y aura-t-il, au milieu de ces immeubles, assis sur un banc, quelqu’un qui t’écoutera, qui voudra changer quelque chose de son, de ton quotidien ? Ces quatre-là nous emportent et leurs questions vont bien au-delà de celle de la procréation. Je garde en moi ces regards, ce contact des mains, ce désir d’être les uns avec les autres, de porter, d'être porté, et cette question à laquelle je sais répondre : « Est-ce que tu as des enfants ? » Et ils sont là, avec moi, toujours.

J'ai vu ce spectacle dans le cadre du Printemps des Rues, à Paris.