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C’est avec la musique d’Arnaud Delpoux que commence cette lecture. C’est dans la musique que Brigitte Gyr est née. Si la ville où elle est née n’est plus la même, sa « meilleure chance est / (s)on aptitude à convoquer les morts ». On la voit chercher « à repérer l’origine des choses ». Et les titres de ses livres suffiraient presque à en marquer le chemin : Parler nu, Incertitude de la note juste, Le vide notre demeure, Lettre à mon double au fond du puits… Quand elle nous dit que ses livres sont construits, pratiquement toujours, en deux parties, c’est peut-être qu’elle-même porte en elle ces deux parties qui se regardent l’une l’autre et s’adressent l’une à l’autre. Il y a donc le puits, le fond, et la margelle d’où elle parle : les souvenirs toujours prêts à remonter, et « l’eau du ruisseau » où affleure un « nous ». « L’au-delà du miroir / dessine / pour nous / l’esquisse d’un avenir ». Et c’est dans la « friperie » de Christian Boltanski qu’elle fouille, cherchant « sous la rouille des siècles » à « faire oeuvre régénératrice ».

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