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Ceux d’en face, le festival d’Animakt à Saulx-les-Chartreux, accueillait, cette année, la Compagnie Thé à la rue. La grande affaire semblait être résumée dans le thème du « vivre ensemble ». C’est du moins le message que voulait porter le discours de bienvenue, fait de cette fichue langue de bois dont on fait des flûtes. Nous avons d’abord répondu à un questionnaire, individuellement, comme si nos réponses allaient permettre de nous placer dans un groupe. Ne fait-on pas la même chose sur les sites de recherche d’internet ? Pour moi, ce fut le groupe B, une lettre qui désigne aussi un groupe sanguin. Encadrés par des personnels dont la qualification se situait entre la médecine (physique et mentale) et la recherche sociologique, nous avons vécu les moments successifs de la soirée : Mon grand oncle, de Sébastien Lazennec, le repas et la vaisselle en commun, ponctués d’un discours de Margo Chou, le sommier de clous sur lequel s’est allongée Carine Nunes, l’escape game concocté par la Compagnie Gravitation et, pour terminer en ce qui me concerne, Dévêtu(e) avec la Compagnie Thé à la rue.

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Ce n’était pas seulement une suite de spectacles. Il y avait, à mon sens, et grâce sans aucun doute à la présence active d’Amédée et Sophie (Cie Thé à la rue), une cohérence, moins dans cette notion rebattue du « vivre ensemble » que dans les différents états du corps.

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Avec Mon grand oncle (à l’écriture duquel Amédée a participé), c’est un héritage qui nous est proposé, héritage qui nous revient par l’intermédiaire du neveu dont une jambe est raidie pour une raison que nous ne connaîtrons qu’à la fin, neveu qui va distribuer — quelle ironie ! — les chaussures de montagne du grand oncle décédé (nous nous étions déchaussés avant d'entrer).

Margo Chou nous proposera un mode de vie et de nourriture, si j’ai bien compris, de ceux qu’on qualifie d’alternatifs.

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Carine Nunes s’impose la souffrance des clous sur lesquels elle se couche, invitant même un spectateur à peser sur elle de tout son poids.

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La Compagnie Gravitation ne nous gardera pas longtemps enfermés ensemble, et nous ne serons pas coincés dans la douche, puisque celle-ci est occupée par le fils de la famille, un ado, et vous savez ce que c’est, un ado…

Enfin, avec Dévêtu(e), nous avons accepté de découvrir notre corps. J’avais entendu parler de cette installation mais avec des sous-entendus, des « il faut y aller pour savoir » qui ne m’y encourageaient guère. Je n’en dirai pas beaucoup plus, si ce n’est que l’expérience est assez troublante, respectueuse de votre corps, couvert hors des cabines d’un peignoir identique à celui des autres, et, dans les cabines, donnant de vous-même une image ou des sensations que vous n’aviez sans doute pas encore connues.

Après cela, je n’avais qu’à reprendre la route.

Cela se passait dans de nouveaux locaux où Animakt s’installe, à quelques mètres de ceux où l’association est logée depuis plusieurs années. De nouveaux développements en perspective.

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