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Il n’oublie pas le pays qui souffre et où il ne pourrait rentrer aujourd’hui. Il dit sa profonde inquiétude pour les enfants qui n’ont connu que cette guerre civile, cette guerre d’un régime contre son peuple, qui ont grandi, malgré tout, dans les bombardements, les ruines des villes, les gravats dans les rues. Que deviendront-ils ? Quel sera leur monde ?

Omar Youssef Souleimane n’oublie pas la Syrie. « Qu’avez-vous fait de ces blessures qui pleuvaient du ciel ? »

Question lancinante.

Le souffle de sa mère dans sa bouche, « il ne me manque que le reste de ton ciel, Père », écrit-il. Et Damas est loin désormais. 

Les mots de son exil, il les dit en arabe et en français, il souhaite aussi que ses mots passent de l’un à l’autre, que d’autres voix les portent, comme un cadeau reçu, comme un présent offert. Il n’est pas un poète de salon, il va à la rencontre des autres, partout où il peut. Salah Al Hamdani, qui a traduit avec Isabelle Lagny son récent recueil, dit de lui qu’il « donne de la hauteur à notre poésie arabe contemporaine ». 

Et voici que « dans (l)a paume où est tombée l’averse / il y a (l)es ailes » de l’abeille.

Couv_Omar-Youssef-Souleimane_Loin-de-Damas