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Étrange film. La voix off, au début, m’intrigue. Qui parle ? Qui raconte Neruda, appuyant ses propos d’images qu’on pourrait croire réalistes ? Qu’est-ce que c’est que cette fiction qui prend ce qu’elle veut de ce qu’on sait de l’histoire et en fait un arrangement à sa façon ? Mais, plus encore, ce n’est pas un récit à une seule voix, il y a au moins deux narrateurs : le sénateur-poète (Luis Gnecco) qui veut être traqué et le policier (Gael Garcia Bernal) qui le traque. Leur lien : des romans policiers semés par le premier sur les lieux où il passe et qu’il laisse à l’intention du second.  Et c’est une femme qui nous dira, le moment venu, ce qu’il en est du réel et de la fiction. Certes, à la fin, on ne sait pas bien ce qu’il faut penser de ce personnage bourgeois et jouisseur que dépeint le policier, ni si ce dernier a vraiment existé. Mais qu’importe : les mots du poète sont repris par les gens et pas tant ses poèmes d’amour, à quoi il est réduit au début du film, que ses textes de révolte (« J’exige un châtiment », par exemple) qu’il envoie pendant sa cavale de par le monde.