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Quatre rencontres fin janvier 2017 pour la 10e édition des Enjeux contemporains. Le programme du 27 janvier annonçait plusieurs auteurs dont j’avais déjà lu quelques livres, et d’autres dont je n’avais encore rien lu : Mathieu Brosseau, Dominique Quelen, Fabien Clouette, Christophe Manon,  Sophie Wahnich, Antoine Mouton, Caroline Hoctan, Colombe Boncenne, Jean-Marc Lanteri, Laurent Gaudé, Ivan Jablonka, Emmanuel Venet.

Pas de compte-rendu ici mais des mots entendus qui peut-être disent ce que sont ces enjeux dans un monde tellement perturbé.

L’affiche ambitionnait trois objectifs en trois verbes à l’infinitif : ouvrir, explorer, inventer.

Pour décliner ces verbes, les uns et les autres ont parlé de fantômes et de restes, mais en évitant l’immobilisme qui consisterait à ne se tourner que vers le passé. Plusieurs intervenants ont dit le sensible à l’oeuvre. Et j’ai vu leurs mains s’ouvrir en effet, parfois plonger dans la poche de leur veste (explorer ?), parfois s’élever la paume vers le haut, parfois trembler, ou encore faire le geste de saisir. 

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Et puis ils ont lu des textes, choisis dans leurs ouvrages récents, des textes qui emplissaient cette salle du Vieux-Colombier, dans le décor d’une pièce au programme du théâtre, sous les trois lettres S.O.S. que je pouvais alors développer comme suit : souffler, offrir, surprendre. Car il y avait du souffle dans ces textes, qu’il s’agisse de poésie ou de roman.

L’histoire même s’est invitée sous deux formes : l’une, en fin de matinée, avec Sophie Wahnich, l’autre au milieu de l’après-midi, avec Laurent Gaudé. La première a cité Thucydide qui dit que l’histoire est un « acquis pour toujours » et s’interrogeait sur l’utilité de cette discipline ; elle a aussi dit travailler, si je ne me trompe, cette « matière » du passé à l’aune du présent, observant des « moments de vie » et faisant la distinction entre la répétition (dont certains pensent que c’est une particularité de l’histoire) et l’intention (qui fait que l’histoire ne se répète pas). Le second, qui appuie ses récits sur des faits historiques, a dit chercher à restituer ce qu’on perd avec le temps (les regards, l’hésitation, le hasard), a exposé les principes de son écriture (écrire à hauteur d’homme, et ne pas oublier que le lecteur sait qu’il est en train de lire), pour conclure avec cette citation de Terence : « Je suis homme, et rien de ce qui touche un homme ne m'est étranger ».