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Des sonnets, une forme qui résiste au temps, comme l’anche de ces instruments à vent que fréquente et pratique Didier Malherbe. C’est à cause de son nom, sans doute. Fait d’une herbe, « simple brin d’herbe qui pousse / Dans le pré » et qui donne, « entre tes pouces », une note à « la brève longévité ». Et, comme sa musique depuis tant d’années déjà, ses rimes nous surprennent. Il y en a même de latines. Mais ce qui saisit mon oreille, c’est le rythme de ses vers. Jamais le même, bien que souvent alexandrin. Jamais le même parce qu’il fait aisément l’enjambement, avec rejet, contre-rejet, voire strophique, contredisant ainsi son homonyme qui prétendait qu’aucun pied ne devait dépasser ni le vers ni même la césure. Mais ce Malherbe-là, du XVIIe siècle, ignorait tout du jazz et de sa grande liberté. Les anches y frôlent les anges, et, dans ce recueil, plus de 160 fois au point qu’à la fin, les roseaux de toutes sortes revendiquent d’être joués. J’espère le concert.