La première fois que j’ai entendu parler des surréalistes, c’était, il y a bien longtemps, par un professeur de français qui souhaitait nous présenter la poésie du XXe siècle quand nous n’en étions encore qu’au XIXe. Il a pris beaucoup de précautions et nous a lu un texte d’André Breton. Je pense que son intention était de nous mettre en garde contre une écriture qui faisait un peu n’importe quoi. Mais le texte qu’il a choisi, il nous l’a lu avec suffisamment de talent pour qu’il s’inscrive immédiatement dans ma mémoire. C’était Union libre, un texte dont voici les premiers vers :

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Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d'ambre et de verre frottés 

Je vous propose de modifier ces quelques vers aujourd’hui selon un procédé que nous avons déjà utilisé dans ce blog. Tous les noms communs, tous les adjectifs doivent être changés, mais en gardant les initiales. Vous constaterez qu’il n’y a pas de verbe dans les lignes à modifier. Les noms communs restent des noms communs, les adjectifs restent des adjectifs. 

Exemple : 

Ma forêt à la canopée de feuilles de beauté
Aux pins d’élévations de croissance
A la tortuosité de sentier
etc… 

C’est à vous main tenant. Composez votre Union libre, je devrais écrire votre Urbanisme longitudinal (l'image qui illustre cet article est la reproduction d'une oeuvre de Mamadou Cissé), et postez-le dans les commentaires ci-dessous. Merci.