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Des jours et des jours, j’ai lu cet ouvrage de Patrick Laupin qui attendait chez moi depuis plus de deux ans. Le temps était donc venu de commencer cette lecture.

De Mallarmé, je dis que je ne sais pas pourquoi j’y reviens toujours. J’en ai eu longtemps une lecture partielle. Une seule façon d’y accéder, qui était peut-être fausse. Patrick Laupin, par sa connaissance de l’oeuvre, sa fréquentation régulière depuis l’adolescence, m’a ouvert à une lecture différente. J’avais retenu, d’abord, de l’approche scolaire que Mallarmé était le poète de la poésie pure, en quelque sorte inaccessible, voire prétentieuse. Plus tard, de Derrida, par son livre La dissémination, j’ai retenu une nouvelle manière de lire les poèmes comme Brise marine, ou encore le Sonnet en yx. J’ai, récemment, découvert le Tombeau pour Anatole. Mais j’ignorais encore la « crise de Tournon », les souffrances du jeune Mallarmé, sa « Folie Utile » qui l’entraîne au « Crime de Poésie ».

« Je ne saisis à peu près rien d’un livre qui ne me résiste pas ». Voilà sans doute pourquoi je reviens à celui qui résiste.

L’Esprit du Livre situe Mallarmé dans son époque littéraire : Baudelaire, Edgar Poe (à propos duquel il prétend avoir appris l’anglais pour le lire), Villiers de l’Isle Adam. De sa biographie, il ne retient que ce que Mallarmé lui-même évoque à travers des correspondances et des oeuvres (Les Noces d'Hérodiade, L’après-midi d’un Faune, Divagations…). Il ne s’agit donc que de la langue et de l’écriture. « Cette poétique risquée et extrême conçoit qu’avant de dire et de nommer, il faille faire et trouver en soi l’expérience d’un courage des mots. Qu’il faille soutenir la puissance et vaincre la peur et la défaillance pour s’élancer dans le vide et l’abîme de nommer ». Ceci me rappelle qu’un autre ouvrage de Patrick Laupin s’intitule Le courage des oiseaux.

Mallarmé fait du livre l’oeuvre du lecteur même. « Il a fait de tout être la chance d’un Livre ».