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Jean-Christophe Bailly poursuit sans cesse son dépaysement, cette fois du côté de la Meuse, où Éric Poitevin expose en juillet Le puits des oiseaux, tombeau de ces « petite(s) masse(s) encore tiède(s) de vie disparue et d’élégance entière ». Son texte englobe le cimetière allemand, le paysage vu du ciel (comme celui que survole Nils Holgersson), les plumes disposées comme des tuiles, l’atelier du photographe, les visages du Fayoum, le fil des Parques, la Vierge en pâmoison de Ligier-Richier (c’est Mathieu Bénézet, il y a une vingtaine d’années, qui m’avait présenté les oeuvres de ce sculpteur), et les oiseaux, nommés à la fin de l’ouvrage. 

Les oiseaux photographiés sont morts peu de temps avant la prise de vue. Ils ne sont pas couchés sur un plan horizontal mais sont suspendus à la verticale d’un mur blanc, comme ne devant jamais toucher le sol. Et ce ne sont ni les animaux à plumes de Chardin, ni les pensionnaires d’Annette Messager, mais un autour des palombes, un chardonneret élégant, un pipit des arbres, un verdier d’Europe, et bien d’autres, nature morte dont la présentation évoque le paysage et le passage.