Borges-L-Aleph

C’est La Disparition, proposition de déambulation du Begat Theater, qui m’a mis sur la piste de L’Aleph. En particulier, parmi les nouvelles qui composent le livre, celle qui s’intitule Abenhacan El Bokhara mort dans son labyrinthe, sorte de nouvelle policière enchâssant les récits dans les récits au point qu’il faudrait toujours se demander qui parle ou bien simplement se laisser porter par les mots de l’un ou de l’autre. La référence à un conte des Mille et Une nuits (donné par Borges à la suite de cette nouvelle) redéfinit le labyrinthe : sans escalier, sans porte et sans mur…

Bien sûr, puisqu’il est question de labyrinthe (comme toujours chez Borges), nous allons rencontrer le Minotaure, ici nommé Astérion, dont « la demeure est à l’échelle du monde », et qui attend son « rédempteur ».

Je ne citerai pas toutes les nouvelles de ce livre (bien qu’elle ne soient pas très nombreuses) mais, outre celles que je viens d’évoquer, L’Immortel mettant nos pas dans ceux d’Homère et L’Aleph démontrant que chaque élément du monde contient le monde : « Dire "le tigre", c'est dire les tigres qui l'engendrèrent, les cerfs et les tortues qu'il dévora, l'herbe dont se nourrissent les cerfs, la terre qui fut la mère de l'herbe, le ciel qui donna le jour à la terre. »

Il y a une grande jubilation à lire ces nouvelles de Borges et à se perdre dans leurs labyrinthes. « Les faits étaient vrais ou pouvaient l’être, mais, racontés comme tu l’as fait, ils constituaient, de façon évidente, autant de mensonges. »