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Si vous demandez à Brad Brose, venu des États Unis, pourquoi il joue du jazz manouche, il vous répondra qu’il joue de la guitare, qu’il joue du jazz et que le plus grand guitariste de jazz est pour lui Django Reinhardt. Il ajoutera peut-être que s’il jouait de la trompette, il préfèrerait Louis Armstrong… Mais c’est la guitare. Et la guitare acoustique. C’est avec cet instrument qu’il entre en dialogue, des sonorités assez douces qui peuvent s’accorder à d’autres instruments sans perdre leur capacité d'expression propre. C’est ainsi qu’on arrive à cet ensemble de cordes, composé d’une ou deux guitares et d’un violon, qui est considéré comme la base du jazz manouche, une musique qui peut aisément se déplacer grâce à la légèreté des instruments, et s’installer où bon lui semble. L’accord nait entre cordes pincées et cordes frottées, mesures tenues et mesures suspendues. Et son intérêt pour Django Reinhardt l’encourage à ne pas répéter mécaniquement les airs connus, mais, en s’appuyant sur l’histoire de l’instrument et de cette musique, à improviser et composer ses propres mélodies. C’était d’ailleurs essentiellement les compostions de Brad Brose qui étaient interprétées ce soir-là à Charlie, bar du 12e arrondissement parisien, par le trio Cat-a-Strophe, joli jeu de mot associant le joueur de jazz et une poésie que chaque auditeur peut se composer à l’écoute de ces airs. C’étaient des rythmes assez joyeux, comme les battements du coeur, parfois teintés de douceur, et, sans instruments à vent, laissant entendre ici un éclat, là un soupir. La complicité indispensable entre les trois musiciens, Brad Brose (guitare), Baiju Bhatt (violon) et Arsène Charry (guitare) se traduit par les sourires qu’ils échangent en jouant, par l’attention portée à chacun, le plaisir d’être ensemble et de partager la musique également avec les yeux. Le set s’est terminé sur un air qui ne m’a pas lâché dans le soir des rues estivales de Paris.

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