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Dimanche 25 janvier, jour d’élections en Grèce, je termine le livre d’Anaïs Sautier, La soupe américaine. Un portrait du grand-père par deux de ses petits enfants, Johnny, jeune adulte, et Mona qui fête ses quatorze ans. Une troisième soeur complète la fratrie, Elsa, dite Crapule ou Zaza, qui a du mal à lire à voix haute et avec qui une bibliothécaire, Céleste, saura jouer de la « pédagogie de la distraction », dont voici un exemple : « - L’auteur s’appelle Jorge mais ça se prononce RORGé. Je n’ai pas mes lunettes, tu me lis le titre, s’il te plaît ?
- Le ballon et le gardien de but.
Ma soeur lit avec fluidité. (…) »

Et à Céleste on peut poser des questions comme : « est-ce que la vie rétrécit devant nous ? »

Les deux soeurs (et leur grand frère d’une autre manière) vont être confrontées à cette question. Leur grand-père ne sera pas à la maison comme d’habitude lorsqu’elles y arriveront en vacances. Et c’est avec elles que nous allons vivre cette incongruité ; nous apprendrons qu’il n’est pas au champ comme on le leur a annoncé, mais qu’il va à l’hôpital pour des séances de chimiothérapie. Même ces mots, elles ne les entendent pas. C’est Mona qui découvre le cancer de son grand-père, dont tout le monde dans la famille veut garder le secret pour ne pas faire mal à la grand-mère et à la petite soeur. 

Est-ce que la vie rétrécit devant le grand-père ? Un coup de téléphone, venu de Grèce, va soudain faire surgir un évènement passé sous silence. Un évènement qui va arracher des larmes au grand-père et remettre en place l’arbre généalogique. Pour Johnny, Mona et Elsa, quelque chose finit sans doute, mais quelque chose commence.

Et moi, j’imagine que ce grand-père a fêté dimanche le résultat des élections.