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Il y a d’abord eu la découverte d’un lieu, La Guillotine, à Montreuil (93), près du métro Robespierre. Une fois trouvée l’entrée, on peut aussi penser que La Guillotine a un peu l’aspect d’un coupe-gorge. Mais c’est dans la salle que tout se joue : une ancienne fabrique de meubles où un clavier de piano espère redonner de la musique… En tout cas, le premier dimanche du mois, on y joue des musiques improvisées, électroniques et autres, et, ce premier dimanche de janvier, c’était avec de la poésie sonore. 

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Patrice Cazelles, avec sa voix, et Eric Houzet, aux machines électroniques, ont proposé deux pièces en procréation où les sons s’agençaient avec humour. J’en ai retenu deux petites phrases : « C’est cuit, dit l’oiseau, qui l’eût cru ? » et « séquence séquences la conséquence c’est quand ça casse ». N’en suis pas bien sûr, et puis à les écrire ici j’ai l’impression d’en perdre beaucoup. perdre des souffles, des sonorités, des regards du poète, ceux du musicien étant fixés sur sa table.

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Ce qui reliait Patrice Cazelles et Fabrice Charbit, c’étaient des tubes, un mot qu’on pouvait entendre de la bouche de l’un comme de la bouche de l’autre. 

La « poésie ambicéphale » du second, accompagné de Now Cut (Lutherie Sauvage / Objets Sonores/ Electronique Rudimentaire), d’un saxo et d’un accordéon, nous a ensuite emportés quelque part dans un avant dont je ne pouvais distinguer que certains mots (sang, peau, ventre, viande…) qui m’ont conduit - et je peux m’être égaré - à l’intérieur d’un utérus. Juste avant la naissance, juste avant la parole, quand on est dans la sensation, avant « la porte étrange », « en bas », dans le mouvement encore placentaire, avant qu’il rejoigne le planétaire et la « respiration stellaire ».