torobaka

Ils sont assis au bord d’un cercle, échangent des gestes, des paroles qu’on n’entend pas. Et les musiciens arrivent l’un après l’autre. Il faut tout cela - la lumière, les paroles, les musiques - pour que le spectacle puisse commencer. Il a déjà commencé avec nous. Mais nous n’avons d’autre projet que de voir ces deux danseurs évoluer ensemble. Nous avons des a priori : savoir ce qui les unit, ce qui diffère de l’un à l’autre, on les attend au tournant. Danseront-ils une chorégraphie ou des pas alternés ? C’est, bien sûr, la rencontre qui nous intéresse. Rencontre de deux personnalités, de deux types de danse, de deux corps, l’un tout en finesse et s’étirant vers le ciel, l’autre solidement posé sur le sol. Les musiciens et chanteurs vont se mêler au spectacle, apporter l’humour, la voix, des rythmes qui accompagnent ou jouent avec les rythmes des danseurs. Les mains qui ouvrent, les pieds qui frappent, qui tracent, les genoux qui plient, qui se déplient, chaque partie du corps dissociée, rapprochée, le souffle… Et la scénographie, le cercle de lumière où je me sens invité, arène où croît quelque chose qui pourrait prendre le nom d’humanité : l’un et l’autre, différents, ensemble, avec nous.

J'ai vu ce spectacle le 31 décembre au Théâtre de la Ville, à Paris.