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Ce n’est pas devant le désarroi des enfants qu’il faut s’émouvoir ni même devant celui des parents quand ils sont bouleversés de ce qu’ils découvrent, c’est ce que dit un des policiers de cette équipe travaillant à la protection de l’enfance. C’est eux-mêmes qui sont au centre du film de Maïwenn. Pourtant ce sont bien les victimes que nous voyons, empêtrées dans ce qui ne peut pas se dire, ce pour quoi on n’a pas les mots, mais ce qui fait souffrir dans la chair et dans la tête. Alors, notre regard, la réalisatrice veut que nous le portions vers les policiers, et nous apprenons peu à peu qu’ils sont eux aussi touchés par la misère affective et sexuelle qu’ils côtoient jour après jour. Et on oublie les noms des acteurs et des actrices, pourtant bien connus, pour suivre une équipe dans laquelle il y a les forces et les faiblesses des relations humaines : solidarité et jalousie, persévérance et lassitude, rires et tristesse. Et la fin de ce film est absolument saisissante.