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La rencontre de Paul de Brancion, poète, et de Phet Cheng Suor, plasticienne, était au coeur de notre soirée en ce premier jour d’octobre. L’un a publié un recueil intitulé Qui s’oppose à l’Angkar est un cadavre, poèmes et livret d’opéra explorant les années où le Cambodge était sous la domination des Khmers Rouges. La seconde, d’origine sino-cambodgienne, apportait témoignage, assonances et dissonances, exposant un de ses vêtements et un sac, contenant textes et images d’un retour au pays natal (si on me permet de reprendre ici les mots d’Aimé Césaire). Elle voyage avec Pierre Loti, lui écrit avant de voyager. Comment l’écriture, comment la création artistique, comment le cinéma (cité plusieurs fois au cours de cette soirée) peuvent-ils rendre compte des faits évoqués, tortures et meurtres ? La poésie est-elle un témoignage ? Ne peut-on écrire que de ce que l’on a vécu ? Et si oui, Paul de Brancion témoigne du corps souffrant, du corps empêchant l’esprit, du "sentiment de fermeture absolue" connu depuis l’enfance, des peurs envahissantes. Phet Cheng Suor nous dit le dialogue avec les siens, les vêtements qu’ils habitent, et la vie, la vie plus forte, malgré tout.

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Aujourd'hui, vers 16h, la 140000e visite à ce blog, venue de la région parisienne, est arrivée sur une page présentant le livre d'Antoine Volodine, Terminus Radieux. Merci.