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Heureux mélange. Suzanne Dracius vient de Martinique, « Matinino, l’île aux femmes ». Elle nous parle d’abord de ses origines, des rencontres, des mélanges qui la font telle qu’elle est : une femme, indienne « à plumes et sans plume », née d’Afrique et d’Europe, de l’esclave, du colon et du coolie, dont l’écriture est riche du créole, du français, du latin et du grec. Martiniquaise et Scéenne, d’une île des Caraïbes à l’Île-de-France. Une île qui parle et rend hommage à ses pères, Aimé Césaire et Osman Dracius. Une autre île où se sont rencontrés Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor et Birago Diop. Suzanne Dracius est une femme et c’est de femme qu’elle parle, de « féminitude », plaisir et lutte, affirmation et quête, rose ou arum, « en toute jouissance ». C’est une femme debout, « fanm doubout ». Elle porte en elle la poésie, pas seulement celle qu’elle écrit, mais aussi celle qu’elle partage notamment avec des ouvrages collectifs : «  Hurricane, cris d’Insulaires » en 2005, « Prosopopées urbaines » en 2006, « Pour Haïti » en 2010. Aimé Césaire a écrit d’elle qu’elle est « la poésie, la vraie : Suzanne ! »