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"Les arbres voyagent-ils pour se procurer ailleurs des feuilles plus vertes et se montrer fanfarons à leur tour ?"

Ce moment du spectacle de la Compagnie Toujours après minuit (Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna) est bouleversant. On nous a entraînés dans cette improbable recherche d'emploi (qui m'a fait penser à celle qu'on voit au début du film Huit fois debout) où les qualités et défauts mis en avant n'ont sans doute aucune valeur sur le marché du travail. Mais Robert Walser ne voulait sans doute pas s'adapter à ce marché. L'homme est-il fait pour se vendre ? Comment trouver sa place, autrement que suspendu au-dessus de cette société, sur la blancheur, couleur de la neige ? Le costume du travail que le marché veut imposer ne tient pas sur les épaules, le corps n'y entre pas sans souffrance. Comment trouver l'apaisement ? Par quelle affection, quelle attention ? Dans ce spectacle, il n'y a pas de portés mais des portants où pendent des housses de vêtements et où on s'accroche plutôt que d'y ajouter ou d'en retirer des objets. De là-haut, on peut voir venir, seul sans doute, mais observant, écoutant les bruits du monde, du coeur qui bat, du silence. 

"Vous savez à présent quelle femme je suis".

J'ai vu ce spectacle dans le cadre du Festival des Ecritures, au Pôle culturel d'Alfortville.