poesie&musique2014

Rendez-vous annuel depuis 2008, Poésie&musique.orge initié par la Compagnie théâtrale Les Trois Clous avait lieu, au début du Printemps des Poètes, à la MJC de Savigny-sur-Orge (91), après une journée dans les trains de la ligne C du RER.

Le dispositif est le même chaque année : un ensemble musical, cinq poètes qui se succèdent face au public assis autour de tables rondes et les comédiens de la Compagnie de chaque côté de la salle. Cette année, la musique était portée par le Saxiana Quartet, et les poètes invités étaient Yves Artufel, Brigitte Gyr, Patrick Laupin, Cédric Le Penven et Evelyne Morin.

Le ciel, dehors, resserrait ses nuages autour de la lune ; à l’intérieur, il était si doux, si calme. Comme pour tenir un peu à l’écart le bruit de la ville et laisser entendre le silence. Car il fut plusieurs fois question de silence, et même de « la polyphonie du silence » (Evelyne Morin), de froissements, de chuchotements, « à la pointe / anéantissante du souffle » (Patrick Laupin). Et ce n’était pas qu’entre les mots qu’il venait mais aussi au cœur même de la musique d’Olivier Messiaen, de György Ligeti, de Kristof Penderecki, de Claude Debussy, ou de Maurice Ravel. J’ai vu comment, pour aller dans l’aigu la violoniste approchait sa main gauche de son cœur, comment les saxophonistes cherchaient ces notes dans la verticalité d’une colonne d’air et comment le pianiste accueillait l’espace des partitions en ouvrant les bras.

En écoutant Patrick Laupin, je ne savais pas bien pourquoi je pensais tant à Mathieu Bénézet, décédé l’été dernier et dont il me semblait entendre la voix. J’ai compris plus tard, quand j’ai lu que celui-ci accompagnait un recueil de poèmes de celui-là, Le jour l’aurore. C’était en 1988 et Mathieu Bénézet m’avait parlé de Patrick Laupin.