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Paul Péchenart a été guitariste des Dogs. Et c’est chez un éditeur spécialisé dans le rock qu’il publie ce livre. Ce qui surprend, c’est le ton de cette écriture. Il dit qu’il va soumettre au lecteur son histoire comme s’il la soumettait à un jury d'assises. Je ne suis pas juré ni juge et je n’attends pas d’une lecture qu’elle me mette dans cette position. On comprend assez vite, heureusement, que ce désir de vengeance va laisser la place à autre chose. Il n’y a pas de vengeance attendue. Paul Péchenart nous entraîne seulement dans un travail qui consiste à mettre quelqu’un dans son vide. Et peu nous importe ce qui lui est arrivé dans l’enfance : nous ne sommes pas voyeurs de la souffrance des autres. Il reconstitue sous nos yeux son cheminement intérieur, qui a sans doute à voir avec sa musique. La musique a besoin de silence, écrit-il, mais le silence au fond de soi peut tuer. Voilà la contradiction.

Paul Péchenart affirme qu’il n’est pas écrivain. L’écriture l’accompagne pourtant dans sa vie : un journal sans doute manuscrit (auquel nous n’aurons pas accès), des paragraphes sur son ordinateur et, surtout, pour ce livre-ci, des textes écrits sur son téléphone portable. C’est aussi l’intérêt de cet ouvrage : cela donne une écriture assez rythmée, ponctuée ici et là de très courtes phrases nominales. Avançant « pour éviter la chute. Libre ! »