williambalkechansonsetmythes

Ma première lecture de cette anthologie m’a laissé un drôle de goût. Partagé entre le plaisir de certains passages, l’agacement devant l’omniprésence divine qui traverse les textes, et les tournures un peu maniérées de quelques moments de la traduction (par Pierre Boutang), j’ai cherché des images des gravures et tableaux réalisés par William Blake et qui devaient accompagner les textes. J’ai ainsi pu accepter les tournures fantastiques de tel ou tel poème, le ton apocalyptique qui s’y exprime, comprendre l’engagement de cet auteur dans l’époque où il vivait (1757-1827), et retourner lire ses textes.

En voici quelques extraits.

Voir le monde en un grain de sable,
Un ciel en une fleur des champs,
Retenir l’infini dans la paume des mains
Et l’éternité dans une heure.

Cinq fenêtres éclairent l’homme dans sa caverne : une pour respirer,
Une pour écouter la musique des sphères, une pour cueillir les grappes
De la vigne éternelle qui y mûrit, une pour qu’il regarde
Et voie quelques parcelles de l’Eternité qui croît sans cesse,
Une pour qu’il sorte lui-même autant qu’il veut, mais il s’en garde,
Car les joies dérobées sont douces et bon le pain que l’on mange en secret. 

Aux semailles apprends, à la moisson enseigne, en hiver jouis. 

L’Eternité est amoureuse des œuvres du temps. 

Si d’autres n’avaient pas été fous, il nous faudrait l’être.

En cliquant sur le tableau ci-contre, vous atteindrez un ensemble de tableaux de William Blake.william-blake-corps-d-abel-trouve-par-adam-et-eve