apreschaquepage

Accueillir l’évènement, ce qui arrive, le matin qui se manifeste dans l’oscillation d’un brin d’herbe, « ce qu’il me fut donné de voir », car la vie, Christiane Veschambre l’accueille comme ce qui fut donné : les premières cerises de mai 1968 au bout d’une longue, longue phrase d’émancipation et d’espoir, les regards immobiles qui absorbent les terres qui changent quand dans le lac des yeux le temps ne passe pas, la lumière de septembre et les mots qu’on laisse venir, désemparé, comme on attend la Vie, avant de la perdre. Les images, les sons, les couleurs, les odeurs, « ce qui nous traverse », ce que nous essayons de dire, d’écrire, les paysages, les silences, les livres.

« Une femme est chez elle », un ange la visite, il lui annonce que « l’esprit va venir avec la chair », la poésie qui « tisse l’enveloppe dans laquelle, réconforté, se glisser soi-même avec son image du monde ».