ecoutelapluie

Quand on vit en région parisienne, on se dit qu’un jour, cela arrivera : quelqu’un se jettera sous un métro, une rame du RER, comme ça, devant vous… Un homme âgé, vêtu d’une gabardine et s’appuyant sur une canne… Et s’il vous adresse son dernier sourire, vous aurez du mal à vous en remettre. C’est toute la nuit de la narratrice qui en est perturbée, toute la vie. Elle va errer dans Paris, sous l’orage, sous la pluie, faire des choses étonnantes (acheter puis abandonner une robe, danser le tango dans un bar, accepter la compagnie d’un chien...). Et rentrer et écrire, épuisée, à l’homme qui l’attend à l’Hôtel des Embruns. Nous sommes, comme elle, transpercés par cette pluie incessante et l’image du dernier sourire. Elle nous présente des photos, qu’elle a vues, qu’elle a prises, qu’elle n’a pas prises. C’est un album en noir et blanc, en ombres et en lumières, une brume épaisse dont on espère qu’elle va s’ouvrir. Voir, avoir vu, c’est l’obsession. Et entendre, écouter la pluie qui écrit l’histoire.

J'ai lu ce livre sous les orages de ce mois de juin: ils m'en ont apporté les odeurs.

Un autre livre de Michèle Lesbre vous a été présenté ici.