echosvisuels_001Chaque fois que je passe le long du Canal Saint Martin (Paris), je vais voir l’exposition de photos de la Galerie Immix, dans l’Espace Jemmapes. On nous invite cette fois à ne lire les textes qu’après la visite. Personnellement, je suggère de ne pas les lire du tout : l’abondance des références (Bonnefoy, Genette, Nietzsche, Novalis, Barthes, Rilke, Ricœur, Sontag, Lucrèce…), et des mots sophistiqués pourrait vous éloigner des images. Trois photographes, trois femmes, la galerie n’est pas très grande, trois murs. On voit, en entrant, l’étrange alliance des oiseaux empaillés et des corps humains, assemblages de Léa Habourdin : la vie dans les plumes, les mouvements arrêtés, tout se fige ; que fais-je ? (invité dans un bureau, quelques jours plus tard, j’y serai accueilli par une grue cendrée). Aller au fond de la galerie, là où les fenêtres donnent sur le canal ; sur le mur de droite, Marianne Muller propose un jeu de cartes, sorte de mémory où il convient de réunir deux images construites selon les mêmes lignes, cela me paraît un peu artificiel. Et, sortant, je me laisse surprendre par les paires d’images réunies par Anabelle Decaix : mon regard va de l’une à l’autre, de l’autre à l’une, comme si chacune éclairait l’autre et c’est sans doute devant cette série que s’inscrit en moi la pertinence du titre et du sous-titre de cette exposition : échos visuels, rimes plastiques. 

L'exposition est visible jusqu'au 24 avril 2013.